Nostalgie

Publié le par Mélisande

Nostalgie 

Dis-moi, ne pouvons-nous pas retourner aux heurs d‘antan

Et à ces chimères éthérées de nos jeux d‘enfant?

En ces temps où il suffisait de dire «je suis» pour être

En ces moments où de la vaste cour nous étions les maîtres

En ces instants où les morts se relevaient à la fin du jeu

En ces heures où notre regard pétrissait l‘air à l’instar de Dieu

Pour donner vie au fidèle destrier la veille rêvé

Ces secondes, Ô dis, ne pouvons-nous plus les retrouver?

 

Dis-moi, ne pouvons-nous pas croire que les grands

Demeureront toujours de notre paix les fervents garants?

Ces immuables protecteurs qui étaient toujours là pour nous sauver

Ces héros qui toujours notre vie amélioraient

Ces sages qui faisaient triompher l’éternelle raison

Ces immortels qui à chaque chose trouvaient une solution

Et qui vivaient inébranlables et constants par leurs pouvoirs

Ces modèles, Ô dis, ne pouvons-nous plus ainsi les percevoir?

 

Dis-moi, ne pouvons-nous pas aux matures soucis

Échapper comme la timide et frêle souris?

Ignorer le lourd sacerdoce de la vie argentée

Ignorer les relations déchirantes et compliquées

Ignorer le sort qui impitoyable nous attend

Ignorer des adultes les incessants déchirements

Et du triste monde les affres qui nous font pleurer

Cette indifférence, Ô dis, ne pouvons-nous plus la conserver?

 

Dis-moi, où est passé cet âge des aubes chéries?

Dis-moi, vers quels lieux a-t-il fui?

Cet âge où la cruauté paraissait sous ses primitifs attraits

Et non sous l‘aile noire de la sincère amitié

Cet âge où l‘amour était une arcane exotique et prohibée

Et non la plus crue et la plus indifférente des banalités

Cet âge où le jugement était soit noir soit blanc

Et non cet immense arc-en-ciel indécent

Cet âge où par des dieux nous étions de l‘arachnéenne vie préservés

Et non exposés par des hommes pris dans ses indémêlables filets

Cet âge, Ô dis, fait de pur égoïsme plaqué d‘or

Pourquoi ne pouvons-nous plus le revivre encor?

 

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Publié dans Le Temps

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F
Ah, nostalgie quand tu nous tiens...Beau poème en tous cas...Et merci pour le message d'hier ! ; )
Répondre
M
Merci! Eh oui, la nostalgie nous prend tous un jour ou l'autre...